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Petite promenade singulière dans mon univers.
Je vous invite à partager mes amis les livres, la peinture, le dessin, la musique.
Mais aussi tous les moments de la vie.

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jeudi 9 juin 2011

Vue des hauteurs de Noumea sur les iles et motu .

La foire aux cadavres. Petit intermède . suite5.

-Qu'est-ce que tu lis? demanda Annette Marchand à son mari.
-Je survole le journal de l'île. On fait peu d'allusions aux disparus, à moins que j'ai manqué un article? Il y avait, hier,  un entrefilet sur le cadavre du gouffre, c'est étonnant! Tocsin en sait plus que moi sur ces affaires, alors que je suis sur place...
-En vacances! tu n'as tout de même pas dans l'idée de t'en mêler? Et comment as-tu des nouvelles de tes collègues?
-Il semblerait que ces affaires de meurtres dépassent le département et qu'un suspect présumé est originaire du Gard! tu vois bien que cela va me concerner en rentrant. Autant prendre de l'avance sur les enquêtes!
-Alors, les vacances sont finies?
-Pas du tout, au contraire, nous allons voyager au cœur des familles et de la culture réunionnaises, tu m'accompagneras.
-Parce que tu parles et comprends le créole, tu as raison, je sens venir des moments passionnants!
Ne dramatisons pas. Mon collègue réunionnais, a obtenu sa mutation ici, c'est lui qui me demande comment je sens les choses, il se fera un plaisir de nous traduire les conversations. Il n'est pas question que je mène l'enquête, ici, je suis officiellement en vacances.

jeudi 28 avril 2011

Extrait de" L'outragé" pièce de théâtre en deux actes.

L’outragé :
Oui, je suis de ceux-là, car mon arrière grand-père
Descendait de Hongrie par la branche cadette.
Lui même, dont le frère qui avait pour ami
Un certain Guillaumet, né de La Fouillotière,
Épousa en secret, la sœur de son beau-frère.
Ils eurent treize enfants en quinze ans et demi,
Lesquels s’éparpillèrent sur toute la planète.
Trois filles naquirent aussi, brodeuses en dentelles
L’une mourut en Ukraine, les autres en Moldavie.
Leurs bambins officièrent tous auprès du sultan.
L’un fut voïévode, prince de Balkanie,
L’autre fut janissaire descendant d’hospodar.
Le troisième arracha, à l’extrême limite,
Le titre de vizir, mais il mourut très vite.
L’or coiffait le rouge des robes de gazelles
Et couvrait l’indican subtil des ombrelles.
Ils arboraient fièrement les noirs étendards
Costumés de taffetas garnis de zibeline,
La pelisse incarnat piquée de renard blanc.

dimanche 24 avril 2011

La foire aux cadavres. Petit intermède . suite4.

Assis en équilibre sur une souche, Justin Donz regardait fixement l'horizon. En fait, il ne voyait plus rien. La nuit était tombée depuis fort longtemps, et sa femme avait du donner l'alerte en arrivant à la voiture. Il avait bien fait de ne pas répondre à ses appels et il riait encore du plaisir qu'il avait à lui faire peur.
-Mare de ses scènes imbéciles! Si au moins elle se taisait de temps en temps! maugréa-t-il.
Donz aimait le silence, et il trouvait son compte dans cette flore pittoresque. Un souffle léger animait par à coup les lichens des arbres. Le froid commençait à l'envahir.
Il ajusta le chapeau rouge qu'il avait trouvé sur le sol et qu'il avait placé sur son crâne machinalement. Une odeur bizarre émanait de ce couvre-chef, et qui finit par s'imposer chaque fois qu'il bougeait la tête.
Combien de temps espérait-il gagner avant qu'on ne remonte jusqu'à lui?
Il n'était pas question de se déplacer avant la levée du jour, puisque Madame lui avait emprunté sa lampe frontale. Il allait faire un signe à une randonneuse, avant la tombée du jour, lorsque celle-ci partit en courant,  effrayée  par sa présence inopportune.
Le froid devenait intenable. Il sortit un briquet de son sac et chercha du bois mort. Tout était maintenant humide sur le sol. Seul, un petit papier, que masquait en partie la grosse souche, semblait utilisable. Il frissonna davantage lorsqu'il put lire ce qui y était écrit.
Bienvenue au ciel!
Il lâcha le papier et chercha une présence dans les ombres de la nuit. Le silence et le vent lui glacèrent le sang. Il se résolut à marcher, et se hasarda sur le sol rocailleux. Il fit ainsi quelques mètres, et  heurta finalement  une masse informe qui barrait le chemin.  Il se raccrocha miraculeusement à des racines , et resta presque suspendu ainsi jusqu'aux premières lueurs du jour.
Au-dessus de lui,  un bras inerte et froid plongeait dans le vide.

dimanche 10 avril 2011

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La foire aux cadavres. Petit intermède . suite3.

-Je ne sais pas ce qui nous a pris de choisir cet itinéraire, mais on n'en voit pas la fin!
-La vue est somptueuse, répondit Marchand, je suis éreinté, mais heureux, je n'ai jamais vu de spectacle pareil!
Cela faisait bien trois heures maintenant que le couple Marchand escaladait un sentier étroit et caillouteux. Le terrain était sec, cependant d'imposants rochers  barraient parfois le passage et contraignaient Annette et l'inspecteur à se hisser péniblement à leur sommet pour poursuivre la route. Il fallait coûte que coûte rentrer avant la tombée de la nuit. Comme ils allaient aborder la descente, ils décidèrent de faire une pause pour se désaltérer.
-Tu peux enlever ton chapeau, dit Marchand à sa femme, le ciel est voilé. je me demande s'il ne va pas pleuvoir?
-Au moins, cela tient mes cheveux en place. Et puis tu as raison, je vais le ranger.
Après une brève halte, ils reprirent la marche d'un pas décidé. Il ne faudrait pas moins de trois heures pour rejoindre le parking où les attendait la voiture de location.
-J'ai eu le pressentiment que quelqu'un me regardait tout à l'heure quand je me suis isolée derrière le gros rocher!
-Tu as trop d'imagination. Tu étais dans une position délicate, soit, mais je n'ai vu personne autour de nous.
-Je t'assure que j'ai aperçu le profil de quelqu'un avec un chapeau. Comme il ne bougeait pas, je me suis sauvée en courant.
-Ah! c'est ça, ton arrivée splendide de tout à l'heure? Mais pourquoi ne m'as tu rien dit sur le moment, j'aurais été jeter un coup d'œil!
-J'ai eu peur de trouver un nouveau cadavre.
-Et cet admirateur... il portait un chapeau rouge, j'espère!
-Oui, comment le sais-tu?

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Ma photo
Je vis dans l'Ile de La Réunion depuis novembre 1970 et je m'y plais. J'ai fait toute ma carrière d'enseignante à La Réunion. J'aime dessiner, peindre, coudre, lire et écrire.