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Petite promenade singulière dans mon univers.
Je vous invite à partager mes amis les livres, la peinture, le dessin, la musique.
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mardi 8 mai 2012

Le petit pont de pierres. Galane.2012.



 Il est encore debout après autant d’années.
Il supporte les ans et se tient fièrement
Malgré le poids des charges de certaines ânées
Il a juste au milieu quelques affaissements.

Hier il a vu naître des amoures enfantines
Et il a entendu les plus beaux des serments
Elle jurait sur le sang d’une orange sanguine
Qu’ils se retrouveraient là éternellement.

Et les pierres du pont se souviennent encore
Du rire des enfants et de leur course folle
Il tenait à la main des  fleurs de boutons-d’or
Tandis qu’elle disait une fable d’école.

Les soirs de rendez-vous de lune incertaine
Le pont revêt de mousse le pied des arceaux
Où nichent les herbes et plantes souterraines
Il écoute, attendri, les vœux des jouvenceaux.

Les fleurs grimpantes se glissent vivement
Et recouvrent de mauve ou de pourpre le pont
Puis s’égarent, enfouies dans le ravinement
Elles meurent et font place aux pâles liserons.

Mais voilà que venant d’un chemin attenant
Une meute de chiens accourt et déambule
Ils prennent en otage un matou grisonnant
Et traversent le pont, vivement, bousculent

L’édifice meurtri par toutes ces foulées
Qui piétinent et saccagent son parterre fleuri.
Et les rampes accablées de soleil, et brûlées
Résistent à cet assaut qui l’a endolori.

Les pierres refroidies se fondent dans la nuit
Et goûtent le silence du calme recouvré
Mais songeuses, elles espèrent retrouver le bruit
Des amoures pour lesquelles elles ont tant œuvré.

lundi 7 mai 2012

L'eau rouge du Nil. Galane.2012.




Une pluie rouge et chaude coulait sur la peau
Révélant l’odeur acre et forte du Nil
Dehors, sous le soleil défilaient les chameaux
C’était un matin clair de dimanche d’avril.

Et le bateau chargé glissait paisiblement
Somptueux, décoré. Les mille serviteurs
Vêtus de linge blanc se pressaient lestement
Et souriaient gaiment  à chaque visiteur.

On venait de quitter l’île Éléphantine
Les felouques alourdies se traînaient au lointain
Jeanne se trouvait là, élégante, mutine
Fixant le paysage aux contours incertains.

Un voile de mousseline recouvrait son chapeau
Et flottait vivement sous la brise légère
Un hâle clair et doux embellissait sa peau
Que drapait un coton teinté de fougère.

De l’eau brune du fleuve s’échappait des vapeurs
Diaphanes et pâles de reflets chimériques
Des ondes se formaient en d’opales lueurs
Et se dispersaient en cercles concentriques.

Et le rose du soir se trainait en longueur
De légers cliquetis des robes orientales
Remontaient des salons et les ventilateurs
Déplaçaient les guirlandes ornementales.

Du tombeau de la reine à la vallée des rois
De curieux voyageurs aux allures démodées
Interrogeaient le guide et montraient leur émoi
Devant les hiéroglyphes et pylônes brodés.

Des lumières bleutées illuminaient les temples
Que le noir de la nuit avait fait oublier
Pour qu’on puisse admirer et que l’on contemple
Les superbes sculptures et les nombreux piliers.

Dans la lourde bergère  satinée et lustrée
Jeanne s’alanguissait éventant son corsage
Une femme en fourreau se penchait vers l’astrée
Y devinant un signe de merveilleux présage.

Mes nouveaux timbres. 2012.


dimanche 6 mai 2012

Le trottoir d'en face. Galane 2012.




Voilà bientôt un an qu’il ne l’a vue passer
Ils avaient rendez-vous devant le serpolet,
Un bistro où l’on vient le soir se délasser.
Il allait lui offrir un joli bracelet
Et comptait l’embrasser pour la première fois.
Il avait accouru en sortant du bureau,
Apeuré mais joyeux de sentir cet émoi
Il tremblait, sautillant comme un petit moineau
Il était amoureux et voulait lui prouver.
Il l’avait attendue jusqu’à la nuit tombée
Et s’était inquiété et tâchait de trouver
Une excuse à l’amie qui s’était dérobée.
Elle lui avait promis d’être là à cinq heures
Elle était enjouée, riait à tout moment
Elle disait ce sera notre instant de bonheur
Mais le temps avait fui inexorablement
Il espérait encore la revoir demain.
Il l’attendit un an et revint chaque jour
Il voulait pardonner, lui fixer rendez-vous
Prêt à l’innocenter, lui dire son amour
Et battait le pavé, fidèle, au garde à vous.
Il crut l’apercevoir sur le trottoir d’en face
Et s’emporta gaiment son cadeau à la main
Cherchant son doux profil dans la moindre glace
Et revint désolé, il n’était plus certain.
Qu’avait-elle donc fait, était-elle partie
Dans un autre quartier avec sa famille
Ou bien déménagé, changé de patrie
Ou trouvé un métier dans une autre ville ?
Pourquoi n’avait-elle pas glissé un petit mot
Au serveur amical qui les connaissait bien
Ou laissé un papier au patron du bistrot.
Qu’il était inutile de patienter pour rien.
Ce soir il jettera la boîte au nœud d’argent
Et il ne viendra plus sur ce bout de trottoir.
Dans les yeux d’une amie qui le croise souvent
Il a vu naître enfin une larme d’espoir.

mercredi 2 mai 2012

Mes Créations. 2012. Boîtes en carton , chabis et serviettage.





Les vieilles pierres. Galane.2012.



Les vieux murs délabrés  racontent leur histoire
Verts de moisissures et de lianes rampantes
Ils tenaient au secret et gardaient la mémoire
Des nobles de jadis aux lignées imposantes.
Ici vivait Marie belle brune diaphane
Au col gaufré de blanc et de toile de laine
Allongée mollement sur la rouge ottomane.
Son teint pâle et rosé de fine porcelaine
Rappelle les portraits que ces murs tapissés
Montraient en galerie de moult gravures.
Une aïeule flétrie se drape de velours
Vénitien de pourpre et toiles damassées
Et pose sur l’enfant un langage d’amour.
Au loin, on aperçoit l’abondante nature.
Un vase tourmenté enferme l’églantine,
Et le parfum de rose jaillit sur le tableau
Dont les lourdes moulures épaississent les traits.
Un auguste soldat au service du roi
Regarde droitement et brandit un drapeau.
Épaulettes chargées de dorures et attraits
Il siège et parade devant un noir beffroi.
Et les murs soupirent de langoureux aveux
Ou des ondes plaintives d’amoureux esseulés
Au sol un médaillon contenant des cheveux
Se traine et découvre des cœurs écartelés.
La servante courbée glisse dans les couloirs
Et porte en un plateau un breuvage brûlant ;
Elle tire les rideaux, entrouvre les tiroirs
Et lace sa maîtresse qui va, batifolant.
Dans le ciel un corbeau aux mortels présages
Dessine des contours aux volutes funestes
Le maïs et le blé se couchent sous le vent
D’un été sec et chaud et maudissent la peste
Qui tuât paysans et gens sur son passage.
Des lianes enlacées rampent sur les murets
Blondis par le soleil et grisés par les pluies
Elles trainent les envies et les pâles regrets,
Elles bercent les rêves des passants d’aujourd’hui.

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Je vis dans l'Ile de La Réunion depuis novembre 1970 et je m'y plais. J'ai fait toute ma carrière d'enseignante à La Réunion. J'aime dessiner, peindre, coudre, lire et écrire.